21 novembre 2009
Mots magiques en langage félin

(Titigre s'appropriant la télécommande et regardant la télé)
Depuis qu'il est né, Titigre est toujours resté avec nous, il se montre très attentif à ce qu'on fait et recherche toujours notre compagnie, au contraire des deux autres chats qui sont plus indépendants et plus distants.
Sans chercher à faire du dressage avec lui, je lui ai appris au fil du temps des tas de mots et d'expression qu'il associe à des actions concrètes ou à des attitudes, et il apprends très vite, je m'efforce de garder les mêmes mots et les mêmes expressions afin qu'il s'y habitue, mais en général au bout de trois ou quatre répétitions il a déjà compris.
C'est la première fois que je parviens à une telle connexion avec un chat, et pourtant des chats j'en ai connu beaucoup déjà. J'ai vraiment une relation particulière avec lui, il est présent sans arrêt dans ma vie et quand je ne l'ai pas près de moi, il me manque beaucoup.
En principe un chat ne se montre pas si apte à "recevoir des ordres", il fait ce qu'il veux et on ne parviendra pas à lui faire entendre raison, mais celui-là est visiblement très diplomate et imitateur également. Je ne sais pas si ça démontre son intelligence ou son inadaptation à son état de chat (ou un peu des deux), et je n'ai rien fait de plus ou de moins avec lui qu'avec les autres, peut être est il aussi un peu perturbé, je ne sais pas... Quoi qu'il en soit j'adore ça et je sais que je devrai m'en occuper jusqu'à sa mort parce qu'il est incapable de se débrouiller seul et est très dépendant de nous. Dans ces conditions, on s'attache encore plus; d'autant qu'il sait donner de la voix quand on ne lui donne pas toute l'attention qu'il demande.
Les mots magiques :
- Descends : ça c'est un ordre simple que la plupart des chats comprennent, avec lui il faut le dire avec une grosse voix, il a tendance à grimper partout et c'est un mot qu'on utilise dix fois par jour (il est obéissant quand on lui donne un ordre mais adore transgresser ce qu'il ne peut pas faire).
- "On va s'habiller?" : comme il me suit partout, quand je vais m'habiller dans la chambre ou quand je range le linge, il me suit aussi (sinon c'est le scandale, une fois la porte fermée il pleure et gratte...) dès qu'il entends ce mot il se met devant la porte de la chambre en miaulant et se met debout. Il adore aller dans la chambre, il se love dans la couette pendant que je range ou que je m'habille et ensuite pour le faire sortir il faut dire "pas s'habille" ce qui signifie aussi bien sort de la chambre que "non tu ne peux pas rentrer cette fois-ci".
- Couche toi, fais dodo : Lorsqu'on lui dit ça, avec une voix douce mais ferme, il se couche là ou il se trouve même s'il n'en a pas envie, ça nous permet de le canaliser quand il devient dingue le soir et qu'on en a marre de ses bétises. C'est très efficace.
- Tu tournes ? : Quand il entends ça il se met sur ma chaise de bureau et la fait tourner et s'endort.
- "P'tit bonbon" : ça désigne les croquettes spéciales qu'on leur donne comme petite friandise (mais c'est surtout pour prévenir le tartre sur leurs dents etc).
-" Boiboite" 'Sachet" "Krok-krok" : ça désigne leur bouffe, quand il entends le mot "sachet" il devient dingue, il adore ça et si on lui dit "sachet" sans lui en donner il pile jusqu'à ce qu'on lui en donne, aussi si on en parle entre nous doit-on l'épeller, parce que s'il entends ce mot c'est fini c'est la crise.
- "Fait bisou" : Fait bisou signifie pour lui frotter sa tête contre la tête d'une personne
- "SAC" : Signifie regarde il y a un sac, tu peux jouer avec, il rentre dedans ou se bat avec
- "Saute" : Fonctionne lorsqu'on tiens un objet au dessus de sa tête et qu'on lui dit fermement "saute"
- "C'est qui" : au départ c'est qui était utilisé quand il entendait quelqu'un dans les escaliers, c'était pour moi une sorte d'alarme qui me montrait que quelqu'un arrivait, lorsqu'il y avait quelqu'un et que je disais "c'est qui" il allait devant la porte, sinon il n'y allait pas. Mais à force... "C'est qui" désigne mon geek quand il rentre à la maison, aussi on associe par exemple "Fais bisous" "C'est qui" pour qu'il fasse un bisou à geek ^^.
- "Gentil tigre, c'est bien" c'est la récompense quand il obéit ou quand il fait bien une chose, il associe ça à une caresse ou une friandise
- "Un p'tit bout" : c'est pour l'apeller quand je veux lui donner un p'tit bout de jambon par exemple
- "T'es foufou" : ça le fait courir et bondir partout, il écarquille les yeux et devient enragé
- "A soif ?" : Titigre est un chat qui refuse de boire dans son bol en général, aussi vient il boire à l'évier... (mais ça va mieux depuis qu'on lui a acheté un distributeur d'eau).
- "Méchant!" : Bah ça c'est quand il fait une connerie et qu'il le sait très bien
- "Pas mordre" : c'est pour le faire lâcher quand il joue un peu trop fort et qu'il me mord ou me griffe
- "Bibiche" : Désigne ses jouets, on associe avec 'Saute bibiche" "Attaque bibiche" et "Méchante bibiche" (méchante bibiche ça le rends enragé envers le jouet ^^ comme s'il punissait le jouet d'être méchant), ça fonctionne aussi avec "qu'elle est la bibiche" et là il va chercher. Et quand on crie bibiche tout seul en lançant un jouet il rapporte (mais il a tendance à moins le faire maintenant, il préfère les cacher ^^).
- "Qu'il est Titigre ?" "Est caché?" : ça c'est pour le faire venir quand il se cache, mais c'est aussi un sorte de jeu, il se cache sous des couvertures et attends qu'on lui dise la phrase pour bondir.
- "Est fatigué mimigre" ça a un peu la même fonction que "Couche toi, fais dodo" sauf que ça ne fonctionne que s'il est fatigué, tandis que couche toi fonctionne aussi quand il n'a pas envie de dormir et qu'il fait le dingue.
- "Attrape la mouche" "Attaque la bêbête" : ça désigne les insectes, comme ça il chasse les mouches et les manges, ainsi que les araignées etc... le truc c'est que je n'arrive pas à lui faire comprendre que les guêpes etc ce n'est pas une bonne idée.
- "Copain chat" : ça désigne le petit chat d'en face qui joue sur le toit, quand on lui dit ça il regarde par la fenêtre et miaule
- "Regarde, qu'est ce que c'est ?" : signifie que j'attire son attention sur quelque chose, à ce moment là il suit mon regard.
Les ordres au départ partent de vraies phrases mais je les simplifie ou je les transforme pour qu'il ne confonde pas avec d'autres trucs, et il y a toujours une certaine intonation à adopter sinon il ne comprends pas toujours très bien. Quelques fois l'important c'est le mot comme pour "sachet" et parfois c'est plus l'intonation qui compte.
Il agit aussi beaucoup par mimétisme. Par exemple il adore les mms (jouer avec, pas les manger ^^), la première fois il a vu geek se servir dans le paquet et le reposer sur la table, on l'a vu grimper sur la table et essayer d'attraper un mms avec sa patte, ensuite il court partout. Quand on mange, il va manger un peu et vient se coucher près de nous. Quand on range il devient dingue et court partout, ou bien "participe" à sa façon en nous suivant et en reniflant tout.
Si on mache la bouche ouverte il va être curieux et voudra savoir ce qu'on mange, ça marche à tous les coups. Souvent aussi quand on lui fait un clin d'oeil il le fait aussi ^^. Quand je dors dans le fauteuil il vient dormir près de moi. Il lui arrive aussi de regarder la télé quand un truc l'intéresse (parfois ce qui l'intéresse est bizarre ^^).
Il est très collant, il demande toujours des câlins, viens se frotter, grimpe sur les gens pour les examiner (sauf mon frère, apparamment il ne l'aime pas du tout). Il n'aime pas quand je vais dans le bureau, quand j'y vais il miaule jusqu'à ce que j'en sorte ou que je le prenne dans mes bras. Le matin il gratte à la porte, et quand on va se coucher aussi, souvent il pleure pendant une petite demi heure et fini par s'endormir (on ferme la porte de la chambre parce qu'il est trop énervant).
Quand je fais un câlin à geek il est "jaloux" et vient se mettre entre nous ou miaule jusqu'à ce qu'on s'occupe de lui, c'est assez infernal.
Quand il réclame de l'attention pendant que je joue ou que je fais un truc sur mon pc, il me grimpe dessus et vient mettre sa tête dans mes cheveux, il adore les cheveux (parfois les attaque -_-). Quand je prends ma douche il arrive qu'il rentre avec moi (si je laisse la porte entre ouverte). On joue aussi à cache cache, il adore ça, je le regarde fixement avec des yeux "effrayés" et il s'inquiète, ensuite je me cache et il vient voir, et soit je bondis, soit il bondit, et on cours ^^, mais tout d'un coup il a trop peur, il est inquiet alors il vient dans mes bras et s'accroche.
Le dernier mot en date que je lui ai appris et qui est encore en cours d'apprentissage c'est "prends son bain titigre" et il se lave avant de s'endormir ^^.
J'ai l'impression que ce chat est un peu à mon image, stressé, angoissé, toujours en manque d'affection, et un peu dingue, très ouvert... C'est un chat génial et rien que de penser qu'un jour il ne sera plus là c'est la catastrophe... il prends tellement de place dans ma vie que ça sera difficile. Et puis il est tellement "sociable" et patient... Et quand il dort dans des postions pas croyables on ne peut qu'avoir envie de le caresser, de le serrer comme une peluche toute mignonne (en plus il adore ça, quand il est endormi je le prends dans mes bras comme une peluche et on s'endort ensemble). En fait je crois que c'est un chaton éternel, un peu comme moi ^^.
21 octobre 2009
Recyclage
Il y a un morceau de moi qui me pose énormément question, ou en tout cas qui me pose souvent question. (En commençant cette note je me dis déjà, rhaaa mais tu va encore parler de toi... ça commence à bien faire ma vieille...).
J'ai tendance à accumuler les choses. De l'écrire j'ai honte, c'est idiot. Mais j'ai vraiment honte de ça et j'ai du mal à en parler, j'arrive à en rire quand on me taquine mais je dois dire qu'au fond ce n'est pas drôle du tout.
Pour moi, une accumulation c'est un peu comme une collection. C'est à dire collecter des choses et les entasser. Et le vrai truc c'est que ça vaux pour tout ce que je touche. Enfin tout... non pas tout justement, c'est particulier.
Il arrive parfois qu'une personne fouille mes affaires, mon sac, mes tiroirs et toutes ces petites cachettes que j'ai partout où j'entrepose souvent sans rien en dire mes trésors. Je me fais parfois l'effet d'un écureuil, parce que souvent je ne trouve pas ce que je cherche lorsque je veux trouver quelque chose, mais fort heureusement j'ai tellement accumulé et caché de trucs partout que je tombe forcément sur autre chose de tout à fait intéressant. Et ça c'est pour le matériel, les petits objets, les petits souvenirs... Mais je n'accumule pas que du matériel.
Lorsque je vis quelque chose j'ai par exemple parfois l'envie de le garder, je m'en imprègne, j'ai la sensation que ce moment va s'envoler alors je l'imprime en moi très fortement... En fait un peu parfois comme si au lieu de me marquer au fer rouge, je me frapperai la tête sur le fer brulant... Parce que le fer s'en fout de me marquer, mais ma tête veux se manger le fer... Et ensuite j'ai l'impression d'avoir un truc en plus, en moi.
Quelques fois ça peut être aussi une personne, qui m'appartient en secret. Ou bien une nouvelle chose que je sais faire. Chaque connaissance que j'emmagasine j'ai l'impression de la garder prisonnière, elle est à moi et elle vient s'ajouter sur le tas des autres trucs que je connais. En fait c'est ce qui se passe certainement pour tout un chacun au fond, mais peut être pas cette sensation de tout garder, de tout vouloir garder pour toujours.
Quelques fois c'est très problématique. J'ai du mal à jeter certaines choses, en particulier quand elles sont restées en place un certain temps. Un vulgaire papier de bonbon qui a trainé dans ma poche pendant des semaines ne sera peut être pas jeté. Dans un premier temps je vais me dire qu'il faudrait que je le jette. Ensuite, je me dis que je m'en occuperai plus tard alors je le ré-enfourne dans ma poche, finalement je le ressors et je me dis que ça fait longtemps qu'il est là, qu'il était avec moi quand j'ai vécu ci ou ça et que donc je ne peux décemment pas le jeter, c'est comme une trace historique personnelle... Et en dernier recours je me dis aussi que ce papier de bonbon me servira surement un jour (ce qui parfois est le cas !).
J'ai malgré tout conscience qu'il faut absolument jeter certaines choses, parfois il m'est impossible de le faire seule. Alors je demande à qui est là à ce moment de s'en occuper sans m'en parler, pendant que je ne regarde pas. Ensuite je m'efforce de ne pas y penser et puis je me sens... j'ai l'impression qu'il y a une bonne chose de faite.
La sensation que j'ai quand j'ouvre par exemple un tiroir rempli de trucs idiots mais qui sont pour moi des trésors très précieux est indescriptible. Je vais néanmoins essayer. J'ouvre le tiroir doucement, j'entrouvre les yeux et petit à petit j'observe une vue d'ensemble de tous ces objets hétéroclites, ce vieu clou, ce vieux paquet de biscuit, ce mouchoir, ce papillon de nuit, une branche séchée, un long morceau de ficelle... J'ai l'impression d'être remplie et de redécouvrir tous ces objets à chaque fois (il faut dire que pour ce faire je prends bien garde de ne pas ouvrir certaines cachettes pendant très longtemps afin que la sensation de découverte ou de re-découverte sois plus intense). En fait c'est vraiment magique de pouvoir fouiller comme ça dans des boites à chaussures remplies de trucs idiots... D'ailleurs ça fonctionne encore mieux quand on fouille dans les affaires des autres. D'ailleurs en parlant de ça...
Donc il m'arrive parfois de fouiller dans les affaires des autres, sans honte puisque quand ça arrive la plupart du temps je le dis avant ou je le demande carrément, certaines personnes savent que j'aime fouiller partout. Mon frangin par exemple m'enjoint souvent à ouvrir toutes ses armoires pour voir ce qu'il y a dedans ^^. Ou bien une amie qui me laisse fouiller son sac à main ou retourner tout son portefeuille. C'est d'ailleurs l'occasion de discussion très intéressantes et qui permettent de mieux connaitre une personne.
Mais ce n'est pas de ça que je voulais parler précisément. Il m'arrive de fouiller dans les affaires d'une personne et de découvrir qu'elle ne garde rien... Ou presque rien. Et il y en a plus qu'on ne croit. Mon geek par exemple jette tout, dans son pc par exemple il y a très peu de trucs personnels alors que le mien est tellement rempli que ça tient sur plusieurs disques durs.
Je ne comprends pas du tout qu'on ne garde rien, je trouve ça toujours très suspect, alors que ça ne l'est sans doute pas. Je pense que ceux qui ne gardent rien sont soit très sanguin (allez hop je jete quitte à regretter ensuite, ça c'est comme ma mère) et d'autres très froids justement (ça je ne garde pas, ça non plus, et ça non plus parce que ça ne sers à rien et ça ne me parle pas et ça c'est comme mon geek).
Ceux qui jetent et ceux qui gardent on du mal à se comprendre j'ai l'impression. Je me suis toujours très bien entendue avec ceux qui gardent. Mes amis sont souvent des collectionneurs dans une moindre mesure (que moi, et oui je suis mon propre système de référence ^^ normal quoi). Et je trouve que comprendre ceux qui jettent c'est... compliqué. Déjà ils ne gardent pas grand chose, ils oublient tout très vite alors parfois quand tu te souviens d'un truc et pas eux on se bouffe le nez. Ensuite ils me font mal au cœur à jeter parfois des choses qui pourtant leur appartiennent en propre. Et puis finalement ce sont des gens susceptibles de jeter tout ce qui leur passe par la main, et pour moi jeter ça veux dire aussi qu'on ne pense pas à "plus tard". En effet quand on jette tout ou presque quand plus tard on doit y revenir ce n'est plus possible, et je ne comprends pas qu'on ne puisse pas penser à ça. Ceux qui jettent sont sans doute de vrais "qui vivra verra", des vivants un point c'est tout... Ceux qui gardent sont constitués de branches mortes et de branches vivantes, ils sont énormes et alourdis mais aussi remplis de tout un tas de trucs, y a jamais de silence dans leurs allées. Pourtant il y règne souvent beaucoup de solitude je trouve... et de honte, et parfois d'incompréhension, parce qu'on vit dans un monde qui jette sans doute...
21 mai 2009
Mes pattes de tigre

Mes pattes de tigres brillantes d'un curieux éclat, que je ne peux m'empêcher d'admirer voient pourtant défiler le pavé. Alors que je marche, je me crois encore assise, toute avalée par mes pensées.
Et lorsque parfois je lève la tête, je porte mes cils jusqu'aux nuages, aussi me pense-on hautaine ou rêveuse quelques fois
Et je marche, marche encore, je sens mes pattes de tigres autour de mes pieds disgracieux
Elles sont magnifiques et confortables, pleines de griffes aussi, mordant le bitume et le caressant tout à la fois
Je sens les coussinets amortir les tonnes de choses que je porte, et je m'imagine bondissante plutôt que légère
Portée par elles je vais toujours nulle part, parce qu'elles m'emmènent plus que je ne les porte
Et quand on me demande où je vais, je ne réponds pas, parce que je n'ai rien entendu que le bruit de leurs pas mélodieux
Parfois je m'aventure à parvenir à destination, c'est étonnée que je me rends compte que je suis debout, loin de mes univers oniriques, j'ai à ce moment là la sensation d'être perdue puisque j'ai finalement trouvé mon chemin
Alors je n'erre aux hasards et au bon vouloir des vagues que lorsque les très laides extrémités de mes jambes se chargent de le faire. Prise par mes pattes de tigre je ne peux qu'être à l'heure, sur le bon chemin et rapidement très belle, comme un courant d'air asthmatique et pourtant dévastateur.
PS : Les pattes d'un tigre sont pour moi la perfection même et représente ce que je trouve de plus beau au monde. J'ai eu la chance d'en appercevoir un de très prêt et ça m'a totalement marquée parce que de mémoire je n'ai jamais rien vu de plus beau, j'ai toujours l'image de cette patte énorme en tête, tellement parfaite, puissante, pourtant molle et douce, plein de griffes, vraiment vraiment gigantesque lorsqu'elle est posée à plat et qu'il marche. On peut me présenter n'importe quoi d'autre, je suis certaine de ne rien trouver de plus beau que ça. Depuis je rêve d'avoir des pattes de tigre et je me ballade toujours avec des chaussures trois pointures au dessus (que mon frangin me donne), les lacets jamais fermés et elles me semblent aussi confortables que des pantoufles, alors j'ai l'impression d'être un tigre dans la ville, et que je pourrai bondir loin de tout ça jusque dans ma jungle natale... Hum... (Et j'dis pas tout ça pour écrire quelque chose dans mon blog, c'est vrai j'y pense souvent).
17 mai 2009
l'espérance comme moteur de l'esclavage
Espérer, malgré ces airs blasés qu'on se donne, malgré cette logique accablante qui me reste clouée dans la paume des mains et malgré même toute la déception que j'en garde.
Je ne parle que d'espoir au fond. Ils sont fait de si et ils sont fait de pourquoi aussi. Je ne crois pas que c'est le même espoir que ressentent les croyants, il est fait de solitude envahissante, le leur semble emplit par je ne sais quoi et ils peuvent à tout moment le partager, le décupler tous ensemble...
Cet espoir là est ma prison. On ne guérit jamais d'espérer, c'est une chose qui ne s'arrête pas et qui restera dans tout ce à quoi nous avons aspiré. Ce risque me semble parfois trop grand mais je ne peux m'empêcher de le prendre et de le garder, même lorsque tout me semble foutu, rogné et dévoré.
Espérer n'amène que la déception, la peine et de nouveau de l'espoir maladif, de l'espoir dont on ne peut se défaire et qui dégouline partout jusqu'au fond de nous, jusqu'à ce qu'on s'y noie. Sachant cela, la logique me semble douce, la certitude que tout va aller mal est une chaude couverture de bien être... Pourtant on ne peut se forcer à ne jamais croire à rien, on ne peut pas... je ne peux pas.
Selon moi, on ne peut être heureux que lorsqu'on n'attends rien... Et l'espoir étant une forme d'attente (souvent passive et solitaire), il n'amènera jamais aucun réconfort, aucun bonheur... Pour moi l'espoir c'est le vide total, un vide qu'on ne peut même pas imaginer tant il est... vide. Alors... le désespoir pourrait être la panacée, mais ce n'est pas vrai, lorsqu'on désespère on espère encore toujours, puisqu'on est triste d'avoir espéré et d'avoir perdu, on croit que le désespoir c'est de ne plus rien attendre, c'est de se plonger dans la fatalité, l'acceptation, au contraire, on se laisse couler d'avoir trop espéré, et c'est encore l'espoir qui nous a enfoncé.
Je ne comprends pas que les religions se basent tant sur l'espérance. Ou bien peut être que justement elles se basent dessus parce qu'ils savent aussi que cet espoir là enchaînera ces gens qui croient à leurs croyances... Je ne sais pas... Ce serait quand même trop terrible, et pourtant ça semble tellement vrai...
D'un autre côté je crois que si on espère, mieux vaux être croyants, ils semblent plus heureux que ceux qui espèrent mais ne croient en aucune religion particulière... Ou en tout cas moins seuls avec ces espérances. Mais au fond ça ne peut se comparer... C'est un de ces trucs qu'on ne pourra jamais vérifier, même par soi-même.
26 avril 2009
La bougeotte
Ecrire mal et ne plus savoir relire, acheter un carnet, mettre du chocolat dans les petits pois, tremper mon pinceau dans l'eau, respirer le papier humide, mordiller mon crayon, écrire en rêve un mot, manger une pomme sous sa peau, carresser mon écran, oublier les objets qui m'entourent, mettre du turquoise plein la table, pétrir la pâte, jouer avec une mèche et m'en servir de pinceau, goûter la peinture, laver ma langue, griffer un chat imaginaire, rêver en quadrichromie, épeller un autre mot, manger du toblerone pour ne garder que le nougat, espérer que le vent m'emportera, imaginer pousser mes ongles et les observer grandir, rager contre mes mains tremblantes, nettoyer ma palette graphique, subir les flashs, me glisser sous la table pour voir l'effet que ça fait, rassembler les miettes, mordre mordre mordre, poser ma tête sur mon clavier v bhhyu, écrire avec mon coude, set n e poqawx y qrrfivdefr, boucher mes oreilles, photographier mon cendrier, compter les plis du rideau, écrire sur les fenêtres, tendre la main comme sur le plafond des chapelles, changer les mots qui me viennent, désorganiser l'organisation, n'écouter qu'un son sur deux, les entendre tous, remplir de petites boites d'objets, perdre les vis, faire une bagarre de ciseaux en éspérant que le plus pointu gagne, couper dans les rideaux et prier pour que ça ne se voit pas, sauver une mouche de la noyade, glisser des cailloux dans le poivrier, mettre la casserole sur ma tête, marcher dans des boites à chaussures, frotter mes yeux, voir des étoiles, regarder mes paupières, avoir envie de plonger dans les bulles des glaçons, renverser du café par terre pour voir ce que ça fait, compter les cartes, détester l'as de pique, vouloir du rouge mais n'être capable que du bleu, arroser le plafond, taper sur des boites vides, passer une aiguille sous ma peau, approcher ma langue de l'écran de la télé, ne plus parler jusqu'à demain, faire des petits bruits, secouer ma tête, faire des grimaces pour avoir des joues moins rondes, essayer de ne lever qu'un sourcil, cligner d'un oeil, faire la grenouille, me mettre sur la pointe des pieds, asperger les hommes qui dorment, murmurer des imprécations, diluer et fondre, se laisser porter par l'élan, dormir par terre, se cacher dans le placard, faire semblant d'avoir disparu, verser de l'eau dans les cendriers, mélanger tous les reliefs d'un repas, construire une tour avec des boites et se jeter dessus en criant : Kiwiiiiiiiiiiiiiiiiiii...
Et écrire tout ça dans mon blog.
24 avril 2009
Les secrets silences des bibliothèques

Au détour d'une étagère, entre Anna Karénine et Résurrection, ont surgit deux yeux bleu intenses...
L'année de mes 13 ans était une année difficile, mes parents m'avaient inscrite dans une école où je n'avais pas réussi à me faire d'amis et où les élèves me rejetaient toujours en bloc. D'après eux, nous n'étions pas du même monde, mes habits de petite fille sans marques, ma timidité aussi sans doute ainsi que mes attitudes farouches d'animal traqué ne m'apportaient pas leur sympathie.
Au début pendant les temps de pause entre les cours je ne savais pas quoi faire, manger comme les autres dans le grand réfectoire ne me plaisait pas, parce qu'il s'agissait d'y manger seule, alors je préférais me retrouver seule un peu partout, dans les recoins de l'école. Je me réfugiais parfois dans une classe qui n'avait pas été fermée, ou lorsqu'il faisait beau dans les hautes herbes autour de l'école.
Et puis un jour, à force d'explorer l'école de fond en comble, j'ai découvert une bibliothèque. Je n'osais pas y rentrer, je ne savais pas si j'avais le droit ni même si il ne s'agissait pas simplement d'une salle de stockage de livres où on ne pouvait pas rester.
J'ai pris mon courage à deux mains et je suis rentrée. Je n'étais allée qu'une fois à la bibliothèque et j'avais trouvé ça génial, tous ces livres, ces odeurs de papier vieilli, ce silence.
A l'entrée il y avait un vieux monsieur assis, les lunettes sur le front qui lisait une version latine, quand je suis arrivée à sa hauteur il m'a interpellée. Je l'ai tout de suite bien aimé, c'était un prêtre jésuite très gentil qui s'occupait de la bibliothèque et qui passait ses journées à lire et à aider les élèves dans leurs recherches. Il m'a inscrite dans son fichier et m'a guidée dans la bibliothèque, m'a demandé si je voulais un livre en particulier et m'a laissé dans les rayonnages croulant sous des tas de livres.
Je me suis toute de suite sentie à ma place, et tous les jours, à chaque fois qu'un cours était annulé, que c'était l'heure de manger, j'allais à la bibliothèque. Je choisissais un livre un peu au hasard (ou parfois en écoutant les conversations des autres qui étaient en train de choisir), je m'asseyais à la grande table au milieu de la bibliothèque et je me plongeais dedans.
Cette grande table me faisait à chaque fois penser à une sorte de table de banquet, elle pouvait accueillir vingt personnes en même temps, les élèves s'asseyaient (toujours les même en général) et lisaient ou faisaient des devoirs. On chuchotait et on parlait de livres, on se disait : tu lis quoi ? C'est bien ? Tu me le passera quand tu aura fini ? Et parfois de longues discussions s'entamaient. On se passait des M&MS en cachette (parce que c'est interdit de manger dans une bibliothèque) ou on s'écrivait des petits mots. On aimait bien aussi laisser de petits mots dans les livres, pour celui qui le prendra après nous. Je crois que c'était le refuge de beaucoup d'élèves.
Le bibliothécaire me laissait emprunter plus de livres qu'il n'était permis normalement, à l'époque j'en lisais souvent plusieurs en même temps et je sais qu'il en parlait à mes profs de français parce que parfois il me faisait passer des petits mots quand j'oubliais de rapporter un livre, via mes profs de français. Parfois ça me donnait un genre intello dans la classe, dans ma troisième année les élèves étaient un peu plus sympas et lorsqu'ils avaient un travail de français à faire ils venaient me le faire lire pour que je corrige ou retravaille certaines phrases, certains me demandaient carrément que je leur écrive le leur en échange de cigarettes, de jeux vidéos et ce genre de choses. (En dehors de ça ils ne m'adressaient pas vraiment la parole mais ça me suffisait).
Et puis un jour... j'ai eu mon premier coup de foudre. A la bibliothèque. Un garçon de deux ans de plus que moi a commencé à y venir très souvent. J'étais en train de choisir un livre lorsque je l'ai vu de l'autre côté de l'étagère. J'ai tout de suite fondu. Il lisait tout le temps Jules Vernes et des romans de science fiction, alors moi discretement je m'y suis mise aussi, dès qu'il en finissait un je demandais en cachette au bibliothécaire de me le passer (ce qui le faisait marrer). Quand je lisais un livre qu'il venais de finir, j'avais envie de respirer chaque page pour retrouver son odeur (que je sentais parfois en passant l'air de rien près de lui lorsqu'il lisait). Le week end c'était horrible... j'avais l'impression que lundi ne viendrait jamais. Le soir je m'imaginais des tas de scénarios sur lui et notre hypothétique histoire d'amour en écoutant du métal et en lisant Jules Vernes (drôle de mélange). Certains jours il ne venait pas, j'avais l'impression que ma journée était foutue, parce que l'école était très grande et je ne savais pas dans quelle classe il était... Un jour je l'ai suivi discrètement jusqu'à sa classe mais il l'a remarqué parce que je n'étais pas à mon étage et pas dans le bon couloir, il m'a demandé ce que je faisais là.. je n'ai pas su quoi répondre et j'ai dit : "le bibliothécaire m'a demandé de te dire de rapporter les livres avant le début des examens" :s franchement j'aurai pu lui dire : "salut t'as oublié ta liste de course entre les pages du tour du monde en 80 jours" et entamer la conversation là dessus, ou y aller carrément comme je le ferai aujourd'hui confrontée à la même situation.
Après ça on se saluait quand on se croisait et de temps en temps on parlait dans la bibliothèque, un jour il m'a même conseillé un bouquin (que je n'ai pas aimé du tout). Tout s'est écroulé bêtement... pendant deux semaines il n'est plus venu à la biblio, quand il est revenu j'ai espionné une conversation qu'il avait avec une fille de sa classe, il sortait avec une autre fille de sa classe depuis peu de temps et après ça... il n'est plus tellement venu à la bibliothèque, il préferait rester avec elle.
Je l'ai revu deux ans plus tard, par hasard, dans une fête pour l'anniversaire d'un ami. Ce type n'avait plus tellement d'importance pour moi à ce moment là, j'avais un copain etc mais ça m'a touché de le revoir, de me replonger dans certaines émotions que j'avais eues à l'époque. Et comme j'étais un peu saoule je suis allée lui parler et je lui ai raconté tout ça, tout ce que je ressentais pour lui auparavant. On a bien rigolé et j'ai appris qu'il avait remarqué que j'avais un comportement bizarre avec lui, mais il ne m'a rien dit d'autre. par contre on s'est bien entendu et par la suite je l'ai recroisé plusieurs fois et nous sommes allés boire un verre, une autre fois je l'ai accompagné à la biblio comme au bon vieux tempset une autre fois on est restés ensemble à une soirée où on s'ennuyait à mourir. Au final c'était plus un copain qu'un amoureux, mais j'avais tapé juste c'était un type sympa et attentionné.
Les livres permettent à des choses très belles d'arriver. Comme un jour alors que je vivais un chagrin d'amour je suis tombée sur un livre qui trainait par terre dans la rue, un livre de Christian Bobin et qui m'a totalement remonté le moral. Ou ce livre très drôle que m'a offert la maman d'un élève de ma classe alors que j'étais clouée sur un lit d'hôpital pour une péritonite quand j'étais petite. A bien y réfléchir les livres ont toujours eu cette dimension magique et n'ont jamais été mêlés à des choses négatives et je les ai toujours considérés comme des navires en partance, des cavernes rassurantes et des amis toujours fidèles et aussi dans cette histoire comme des véhicules potentiel d'un amour d'adolescente rêveuse .
18 avril 2009
Déserte
Hm ça fait plus d'une semaine que je n'ai rien écrit ici, en fait j'ai de nombreuses notes en ébauches qui sont toujours en brouillon mais... en ce moment je n'ai pas très envie... (de rien).
J'ai le blues. ça m'arrive souvent en fait d'avoir le blues, la plupart du temps c'est assez productif, mais pas là.
En ce moment beaucoup de personnes m'ont déçues. Et je n'arrive pas à déterminer si c'est moi qui suis exigeante, voir possessive ou si j'ai raison d'être déçue à ce point. Comme pour tout je suppose que la vérité doit se trouver un peu au milieu, dans le gris.
J'ai l'impression que la plupart des gens ne prennent rien à cœur, et je ne les comprends pas, je ne comprends pas qu'on ne puisse pas être tout à fait entier dans tout ce qu'on fait, tout ce qu'on est et tout ce qu'on aime. Je ressens ça comme une faiblesse de leur part, et parfois comme une trahison, envers eux-même et surtout envers moi. Je les déteste de tant les aimer, de trop les aimer, plus que ce qu'ils ne mériteraient s'il existait une échelle pour mesurer tout cet amour... Je les déteste tant...
Mais je me suis apperçue d'une chose ces derniers temps, quand une personne nous déçoit on s'apperçoit qu'une autre personne tout à côté "relève le niveau" et on fait parfois des découvertes. Le seul problème c'est que dans ces moments là on en a tellement besoin qu'on se trompe et qu'on idéalise, comme si on s'accrochait de toutes nos forces à la moindre parcelle de ce qu'on voulait plus que tout... même à des miettes. C'est un peu comme quand on sort d'une grande histoire d'amour, on se jete sur le "premier venu" et on essaye d'y croire de toutes ses forces, pour guérir ou pour s'empêcher de hurler... Mais au fond on sait bien qu'on n'aime pas les premiers venus, on aime surtout ceux qui ne viennent jamais (mais peut être est ce mon côté "grande tragédienne" qui parle?).
On a beaucoup parlé de ça l'autre jour avec Geek... Je crois que lui aussi est très déçu, sauf qu'il est beaucoup moins exigeant que moi et que les gens lui font vraiment des crasses... Mais on en est arrivé à la conclusion que peut être ne tombons nous que sur des gens amenés à nous décevoir et qu'il existe quelque part des personnes qu'on attends depuis toujours...
J'ai toujours des envies de vengeance au fond de moi, des envies de tout envoyer promener sans réfléchir dès lors qu'une personne salit les sentiments que je peux éprouver. Et même si je me sens encore capable de tout dévaster sur mon passage comme une éruption volcanique, je crois qu'à présent je parviens à endiguer ces flots de violence qui s'éveillent souvent en moi. Le point négatif c'est le tirallement... le sentiment de n'être plus moi même à force de contrôle, à force de vouloir ressembler à celle que je voudrais être et non pas à celle que je suis vraiment. Disons que je suis prête à ce sacrifice s'il peut me conduire au bonheur... mais force est de constater que ce n'est pas le cas et que tout ne dépent pas de moi, et que les gens sont en grande majorité décevants.
Ce qui ne réponds pas du tout à mon interrogation... est-ce moi ou eux ? Et puis est-ce vraiment aimer les gens que d'attendre d'eux ce qu'on aimerait qu'ils soient ? Ou bien la solution c'est seulement de trouver des personnes qui correspondent à ce qu'on attends ? (enfin je veux dire en matière de qualité de relation uniquement).
J'étais pourtant tellement persuadée que je pouvais devenir différente à tel point que je puisse correspondre à ce que les autres sont... une sorte de caméléon... peut être que ça aurait pu fonctionner si ils avaient fait le même effort envers moi ? Force est de constater que les gens n'en ont rien à foutre, que leur sentiments sont loins d'être bruts et que souvent ils sont égoïstes... (comme moi je crois?!).
Alors voilà, je suis paumée (encore plus). Et surtout je ne sais plus du tout qui je suis au fond. Je sais ça fait un peu cliché de dire ça, mais c'est vraiment ce que je ressens. Je ne me sens toujours pas à ma place, et ça a toujours été le cas. Petite je rêvais qu'une grande personne vienne me chercher et me dise : viens t'es pas à ta place ici, viens avec moi je vais te montrer (c'est présomptueux non ?) mais ça n'est jamais arrivé et plus tard je me suis dit que c'est sans doute parce que je ne le méritais pas et que je devais me faire à l'idée que c'était là que j'étais point final... force est de constater qu'encore aujourd'hui j'aimerai bien qu'une personne m'emmène loin, très très loin de tout ça et de cette personne que je m'efforce d'être. Et parfois je me dis que cette personne qui devrais m'emmener ça devrait être moi, je suis dans une chrysalide mais c'est à moi de la déchirer toute seule en principe... enfin ça devrait... mais je ne me sens pas assez forte pour ça je crois. Donc en quelques sortes j'attends encore qu'un truc me tombe dessus, ce genre de truc magique qui change tout... et que je ne mérite pas sans doute.
Bref... d'où ce besoin de break-blog, de me retrouver face à moi-même (encore) en espérant que ça serve à quelque chose (on peut toujours rêver). Ce n'est pas vraiment pour donner des nouvelles que j'écris cette note, je n'ai pas cette prétention (enfin je crois, en tout cas je m'efforce de ne pas l'avoir), c'est juste que j'avais envie d'écrire tout ça, pour en garder une trace mais aussi parce que je crois que tout le monde ressens peut être les même choses, et moi ça me fait du bien de lire chez d'autres ce que j'ai au fond de moi... on se sent moins seuls (même si c'est faux).
06 mars 2009
La plus grande invention de l'humanité
La plupart de nos problèmes viennent sans doute du fait que nous sommes tous déconnectés les uns des autres, personne ne le niera je crois. Nous n'arrivons pas à nous comprendre, à nous entendre, à nous aimer et nos vies sont gérées par des malentendus séculaires. La nature n'a pas jugé bon de nous doter de la capacité de partager en profondeur nos sentiments, nos émotions et nos pensées. Nous avons seulement hérité de la parole, cette parole qui nous a mené si loin... mais qui pourtant est totalement insuffisante et nous handicape autrement dit c'est trop ou pas assez, trop parce que ça complique beaucoup nos relations pas assez parce que le langage ne permet pas si bien que ça de partager et de communiquer (malheureusement jusqu'à présent c'est tout ce que nous possédons).
J'ai toujours rêvé que tout un chacun puisse lire en moi profondément. Beaucoup de gens à qui j'en parle disent que ça leur ferait peur, ce à quoi je leur réponds : mais au fond qu'as tu à cacher ? Qui a besoin de se cacher ? Si tout un chacun pouvait lire en l'autre, il n'y aurait plus rien à cacher finalement, plus besoin non plus de dissimuler quoi que ce soit.
Imaginez vous pouvoir exactement ressentir la douleur de quelqu'un qu'elle soit physique ou morale (et souvent elles sont liées). Ce premier point serait un avantage considérable. Tout d'abord pour la médecine bien évidemment, car beaucoup d'études scientifiques sont en réalité bien subjectives et ne reposent souvent que sur le langage (comme beaucoup de choses). Pouvoir quantifier la douleur permettrait sans doute de mieux la combattre, ou bien saurions-nous que nous avons tous mal ce qui nous ferait un bien fou (qui sait ?).
Imaginez partager la vision, l'olfaction, les sensations et l'audition avec d'autres. J'ai toujours rêvé savoir si réellement mes 5 sens sont identiques à ceux de mon voisin, si le rouge est rouge aussi chez lui, si les kiwi goutent la banane ou si les notes de musiques me parviennent différemment... Beaucoup de malentendus seraient dissipés, quoi qu'on en dise. L'art évoluerai de façon spectaculaire cherchant à travers les sensations des autres, car un seul artiste ne peut ressentir que ses propres sensations et émotions. Sans doute celà conduirait il aussi à des dérives de publicitaires débiles désirant sonder les sensations du monde entier afin de sortir des produit collant exactement aux envies de la majorité (ce qui conduirait sans doute à une uniformisation de l'ensemble des choses qui nous entourent, tant pis pour les excentriques).
Imaginez pouvoir vous faire comprendre par quelqu'un à 100% et en être persuadé. J'ai toujours l'impression que j'ai tellement de choses en tête que je ne parviendrai jamais à tout expliquer, à tout raconter, combien ça me soulagerait d'être certaine de pouvoir le faire et d'être tout à fait comprise... Faut dire aussi que je ne suis pas douée pour résumer ma pensée et assez peu pour expliquer clairement tout ce que j'ai envie d'expliquer. Là je ne vois pas de point négatif, imaginez donc les profs... tous les élèves même habituellement les moins doués comprenant totalement ce qu'on tente de leur apprendre... Bah oui c'est vrai il peut y avoir des dérives parce qu'au fond comprendre ce n'est pas apprendre... disons que sur ce point j'ai envie d'être très optimiste.
Je crois qu'une telle invention serait la plus grande invention jamais imaginée et conçue, la plus grande réalisation de l'humanité. Et je crois aussi qu'elle mènerait à des avancées incroyables... Plus de manipulations, partage intégral de toutes les connaissances (en supposant qu'un cerveau humain puisse contenir autant qu'on en dit), plus de malentendus, tous oeuvrant ensemble sur des problèmes qu'il faut résoudre (imaginez comme actuellement ce serait utile de partager une vision commune des problèmes écologiques !).
Je crois que je peux comprendre que ça puisse faire peur, mais à moi ça ne me ferait pas peur du tout, je serai prête à partager tout ce que je suis avec le monde entier en même temps que de recevoir tout un chacun, par curiosité, par envie ou tout simplement pour participer.
Cette avancée arrivera un jour, j'en suis sure, mais je serai sans doute déjà morte et enterrée depuis longtemps, aussi j'envie ceux qui auront la chance de l'utiliser, en espérant qu'ils le fassent à bon escient. Ce jour là nous serons tous des dieux et des hommes des vrais, tous en communion... oui je sais je suis allumée là ^^ bah pour une fois que je suis un peu optimiste :).
22 février 2009
Dans un tas de feuilles mortes...
Je me suis condamnée, jugée et je m'exécute. Pourtant j'ai toujours la main dans les sacs lorsque je suis face à certaines médiocrités que je ne supporte plus... Ensuite honteuse, j'ai envie de me gifler encore même lorsque mes joues affichent déjà un rouge sombre et saignant. Essayer d'être humble face à toutes ces défécations que les gens trainent dans leurs sillages, c'est comme d'être une robe rouge dans le tambour d'une machine remplie de vêtements blancs au fond c'est toujours moi qui tache et déteint...
Lorsque tous (ou presque) se mettent en avant et aiment dire "moi je sais", j'ai cette envie de dire : "MOI AUSSI" mais avant que les mots ne sortent à présent (car ça n'a pas toujours été le cas) je les engloutis et les cache sous ma langue. J'aurai trop l'impression de me ridiculiser et de me salir à agir ainsi, alors vient encore l'éternel ribambelle de l'écoute attentive, de la fausse admiration et de surtout surtout donner l'impression que je ne suis rien de plus qu'une feuille morte qui tombe tombe encore avec comme piste d'atterrissage un gros tas de feuilles mortes.
Comme j'aimerai dans ces moments là ne pas ressentir cette frustration pourtant bien terre à terre, simple et enfantine. J'ai beau savoir que ma façon de ne jamais me dévoiler me permet bien des choses que je ne pourrai pas me permettre sans elle, rien n'y fait je suis toutes babines dehors, emprisonnée à jamais devant une pâtisserie.
L'insignifiance est une piste des mirages, mais elle est pourtant aussi indécente pour la seule personne qui sait... autrement dit moi, tout simplement... Culpabilité d'être quelqu'un... Et quand j'y réussi presque, elle me semble douce, presque voluptueuse et si paisible; alors je suis prête à tomber de tous les arbres possibles et à faire la morte jusqu'à bruler dans le grand feu du jardinier toute prête à jouir à jamais d'une paix presque royale, à la mesure de mes efforts.
16 février 2009
Le non-été
J'aime les ennuis. Les ennuis des matins d'hiver, le soleil filtrant faiblement à travers les rideaux, la lumière mi-crue mi-douce qui en résulte donnant un éclat à tout ce qu'elle touche qui transpire littéralement l'ennui, les soupirs et les petites rêveries folles d'un lundi matin.
Les ennuis d'été sont différents, ils sont plus denses et mouillés, et tendrement moins propices aux rêveries folles, à cause de toutes les siestes crapuleuses que l'on voudrait s'offrir et que l'on désire peut être plus que les glaçons amaigris qui flottent dans nos verres . Les ennuis d'été sont bien remplis, les ennuis d'hiver comme des pages blanches sur lesquelles ont peut dessiner un monde entier me font un bien fou.
Voir positivement l'hiver pour moi c'est trouver la recette de l'attente infinie de l'été qui tarde, le désir plus fort que l'orgasme et l'attente meilleure que l'accomplissement. L'hiver c'est l'insatisfaction délicieuse d'un lundi matin, les pieds contre un chat tout chaud blottis sous la couette et les yeux dans le vagues entre les entrechats de la fumée de ma cigarette oubliée.
A d'autres hivers je pense et pourtant j'attends l'été, et chaque été j'attends le prochain été pourtant. Paradoxe des non-orgasmes délicieux... Pourvu qu'on s'ennuie pour toujours.
